Les mots des religions « l’ange »

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Les mots des religions « l’ange »

Message par cleopatre2b le Mer 16 Juil - 22:25



Les mots des religions « l’ange »
Un mot du christianisme avec Sylvie Barnay


Qu’est-ce qu’un ange ? Qu’elles sont les grandes étapes historiques de l’angélologie occidentale ? Tous les chrétiens croient-ils aux anges ? Et l’ange gardien ? A toutes ces questions, l’historienne Sylvie Barnay, chargée de cours à l’Institut catholique, apporte une réponse précise.

L’ange (du grec aggelos) « désigne étymologiquement le « messager » de Dieu. En Occident, les anges sont perçus comme des êtres intermédiaires entre ciel et terre, médiateurs et intercesseurs. L’image que l’homme se fait des anges est tributaire de la vision biblique. Dans la Bible, les anges sont fortement présents. Dans l’Ancien Testament, ils forment la cour céleste, ils sont les messagers de la volonté de Dieu, les recteurs des éléments cosmiques. Les angélophanies bibliques ou apparitions des anges sont nombreuses : hospitalité d’Abraham, échelle de Jacob, lutte de Jacob avec l’ange etc... Dans le Nouveau Testament, les anges sont surtout les annonciateurs des grands mystères du christianisme, l’Incarnation et la Résurrection. Les Actes des Apôtres soulignent aussi la familiarité des anges avec les hommes : ils rappellent les disciples à leur mission, ils donnent des avertissements salutaires, ils sauvent de la prison ou de la mort... Dans l’Apocalypse, ils annoncent la venue du Royaume...

La doctrine sur les anges

C’est à la fin de l’Antiquité tardive que l’Eglise fixe sa doctrine sur les anges. Elle doit alors faire face à deux dangers : les spéculations gnostiques sur les êtres spirituels envoyés et médiateurs du salut ; la vénération populaire pour des entités invisibles souvent assimilées aux astres. La réflexion théologique sur les anges commence au IIIe siècle. Mais c’est surtout saint Augustin (354-430) qui fournit le premier pilier d’une tradition angélologique médiévale. Il établit en effet la nature spirituelle des anges, leur création au premier jour de la Genèse. Il expose leurs fonctions : veilleurs, gardiens et messagers. Il aborde également l’angélologie sous l’angle d’une théorie de la connaissance en développant une conception angélique du Fiat lux de la Genèse qui va servir de base à toutes les doctrines ultérieures. Les anges sont alors assimilés à la lumière créée issue du Verbe, ils ont accès à une connaissance matutinale des êtres et des choses dans l’incréé et voient la création matérielle transfigurée dans la lumière divine. Augustin met aussi en valeur la correspondance profonde qui unit les anges et les hommes : les deux créatures sont créées à l’image de Dieu, mais l’une est spirituelle et l’autre corporelle.

Une hiérarchie céleste

L’étape doctrinale suivante est celle que représente la traduction en latin des œuvres de Denys l’Aréopagite, auteur syrien du VIe siècle. Il est le premier à établir l’idée d’une hiérarchie des anges. Organisés en rangs célestes, les anges occupent l’ensemble de l’espace céleste. Ils font irradier la lumière divine. Les anges se répartissent en trois triades de trois chœurs (ce sont les neuf chœurs angéliques) : Séraphins, Chérubins, Trônes ; Dominations, Puissances, Vertus ; Principautés, Archanges, Anges. Au mouvement descendant de la diffusion de la lumière par les trois chœurs des anges répond le mouvement ascendant de purification, d’illumination et d’union mystique de l’homme à Dieu. Ainsi le Moyen Age se trouve placé sous la double autorité d’Augustin et du Pseudo-Denys en matière d’angélologie.

Le développement de la dévotion aux anges en Occident est étroitement lié à celui du monachisme. Saint Benoît emploie l’image de l’échelle de Jacob pour signifier les degrés de l’ascension mystique. Les anges sont des êtres spirituels présentés comme des modèles de la vie monastique. En les imitant, les moines deviennent à leur tour des hommes angéliques. Ils touchent le ciel et aident l’humanité à y accéder. Ils sont aussi les gardiens des sanctuaires.

La haute figure de saint Michel garde ainsi les sanctuaires de l’Occident. A partir de 813, il est promu comme gardien et protecteur de l’Empire. Il est aussi considéré comme un véritable « double » du Christ, combattant victorieux contre le démon, protecteur du peuple chrétien, conducteur des âmes, artisan du jugement dernier, introducteur des élus au Paradis. Le rôle des anges est également de plus en plus assujetti à l’image d’un Christ souffrant, comme en témoigne la vie de saint François d’Assise (+1226). En prélude à sa stigmatisation, il a la vision d’un séraphin crucifié qui combine la figure de l’ange le plus élevé dans les hiérarchies célestes et la figure du Christ de la Passion.

La dévotion à l’ange gardien individuel semble issue de la dévotion aux anges protecteurs des lieux de culte et de la puissante figure du gardien collectif qu’est saint Michel. Cette dévotion prend son essor au XIe siècle, mais s’amplifie à la fin des siècles du Moyen Age, en se diffusant largement dans la piété des laïcs. L’ange gardien n’est pas considéré comme un maître intérieur, mais comme un conseiller, un protecteur, un intercesseur dont la mission ne s’arrête pas au seuil de la mort. Il aide notamment l’âme à combattre contre le démon, ainsi que le montre au XVe siècle, « l’art de bien mourir ». Son action se prolonge aussi dans l’au-delà : avec la diffusion du Purgatoire, l’ange individuel est amené à agir en faveur de son protégé pour soulager ses souffrances et susciter les suffrages des vivants. Dans son effort pour définir et canaliser la dévotion rendue aux anges, l’Eglise se heurte également très tôt au problème des pratiques théurgiques, visant à utiliser des prières secrètes pour faire apparaître les anges. Le concile de Latran IV (1215) a rappelé avec force le libre arbitre des anges.

L’ange dans l’art

L’art ne cesse de représenter les anges. Ils y sont les musiciens de Dieu. Ils tiennent les instruments de musique entre leurs mains pour rappeler à l’homme que leur langage est celui de la musique. Leur présence emplit de beauté l’iconographie : Cimabue, Giotto, Fra Angelico... animent l’espace pictural de leur bruissement d’ailes. Ils rappellent que les anges sont au milieu des hommes comme le dit la liturgie qui les prie de « garder, réconforter, protéger, visiter et défendre » les hommes.

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Re: Les mots des religions « l’ange »

Message par cleopatre2b le Mer 16 Juil - 22:34

Anges - (du grec aggelos, messager), créatures intermédiaires entre la divinité et l'homme. L'idée de l'existence de ces êtres n'appartient pas exclusivement aux peuples chrétiens; les Indiens, les Perses, les Chinois, etc., ont eu des doctrines analogues à celle des chrétiens sur les bons anges et les mauvais anges. Les livres des Hébreux parlent d'anges ou messagers célestes : un ange arrête le bras d'Abraham, prédit à Sara qu'elle sera mère, console Agar dans le désert, sauve Loth de l'incendie de Sodome, lutte avec Jacob, arrête Balaam, secourt Maccabée dans le combat, accompagne Tobie, etc. Toutefois, l'existence des anges n'est qu'une croyance populaire des Hébreux, et non pas un dogme de la religion mosaïque; et les hébraïsants pensent que les messagers de Yahveh sont identiques avec Dieu lui-même, et ne sont que les symboles de ses facultés et de sa puissance. C'est surtout à partir de la captivité de Babylone qu'il est fait mention des anges dans les livres de la Bible : Isaïe dit que Dieu est porté sur des nuées de chérubins, que des séraphins chantent ses louanges, et qu'un ange, nommé Michel, défit un ange déchu, Asmodée. Daniel cite également l'ange Michel et l'ange Gabriel; de cette époque aussi datent les noms d'Uriel, de Lucifer et de Raphaël; le Livre de Zacharie (Ancien Testament) mentionne enfin le chef des mauvais anges sous le nom de Satan. Les Hébreux subissaient alors l'influence du Magisme. Maïmonide prétend que l'ancienne tradition juive comptait 10 degrés ou ordres d'anges.
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Les anges dans le Judaïsme
Les anges sont, dans les traditions judaïques; comme les a définis Platon, des êtres qui tiennent le milieu entre Dieu et les humains; ils portent les prières de ceux-ci à Dieu. Dans la Bible, ils sont désignés sous trois noms différents. Lorsqu'Adam et Ève eurent péché, ce fut un chérubin qui les chassa du Paradis terrestre. Esaïe, dans son sixième chapitre, appelle les anges séraphins. On les désigne habituellement par le nom de Mélacim (envoyés); dans Daniel, on parle du Prince des anges de la Perse, et du prince des anges de la Grèce. D'après le Talmud, les noms des anges vinrent avec les Israélites de Babylone. Cette opinion montre que les Israélites, pendant leur séjour dans la Perse, et dans la Babylonie, empruntèrent à la religion des perses leur Izeds, leur Ferrouers, et leur Amschaspands. Dans un autre passage il est dit : Les anges furent créés le second jour, et leur substance est moitié eau et moitié feu, le mot AI, Dieu, que l'on trouve à la fin de tous les noms des anges, nous porte à croire qu'ils étaient des personnifications ou des émanations des qualités de Dieu.

Gabriel, signifie force de Dieu; Faheriel, pureté de Dieu; Adariel, grandeur de Dieu; Kadochiel, sainteté de Dieu; Rehuniel, miséricorde de Dieu.; quelques autres ont des noms dont on trouverait l'explication dans le zend ou dans le pelvi, comme Sandalpos, Jorkomi; tous ont des attributions différentes.

Gabriel est le chef du feu; Jorkomi celui de la grêle, et Michel celui de la mer; Samenil est le chef des reptiles; Daliel celui des poissons; Anafil celui des oiseaux; Maktogil, celui des pierres; Alefil, celui des arbres fruitiers, et Charoel celui des arbresqui ne portent pas de fruits; Sandalpos celui des hommes; cet ange a les pieds fixés sur la Terre et la tête dans les Cieux; Suriel se tient continuellement devant le trône de Dieu. Dans le Zend Avesta, 2, 57, 58, on parle de Bahman, chef des bestiaux, Ardibehescht, chef du feu, Schahriver, chef des métaux, Sapandomad, chef de la terre, Khordad, chef de l'eau, Amerdad, chef des arbres. (M. P., 1836).


D'après la cosmogoniechrétienne, tous les anges avaient été créés dans un état de sainteté; mais plusieurs déchurent par leur orgueil, et furent condamnés au feu éternel : de là une division en bons anges ou simplement anges, et mauvais anges, diables ou démons. Le livre apocryphe d'Énoch avait déjà parlé de la révolte de 200 anges, qui avaient épousé des filles des hommes.

Quant à la nature des anges, l'Église catholique les regarde comme des substances incorporelles, intelligentes, et supérieures à l'âme de l'humain. Clément d'Alexandrie, Tertullien, Origène, etc., les croyaient revêtus d'un corps très subtil; d'autres ne les regardent que comme des êtres purement spirituels, mais qui se montrent quelquefois avec l'apparence d'un corps. Selon les théologiens qui admettent la classification de Saint Denys l'Aréopagite, les esprits angéliques seraient divisés en trois hiérarchies, comprenait chacune trois ordres ou choeurs : la 1re hiérarchie est celle des Séraphins, des Chérubins et des Trônes; la 2e, celle des Dominations, des Vertus et des Puissances; la 3e, celle des Principautés, des Archanges et des Anges proprement dits. Les Séraphins excellent par l'amour, les Chérubins par le silence, et la majesté divine règne sur les Trônes; les Dominations ont pouvoir sur les hommes, les Vertus recèlent le don des miracles, et les Puissances s'opposent aux démons; les Principautés veillent sur les empires, les Archanges et les Anges sont les messagers de Dieu.

Pendant le Moyen âge, on regarda les anges comme les principes animés de l'univers et des éléments, comme les agents personnifiés de la nature; on leur attribua le mouvement des corps célestes; ainsi, Cosmas Indicopleustès fait des astres autant de flambeaux que les esprits célestes portent à la main. Dans son Convivio, Dante dit :

"Il est raisonnable d'admettre que les anges sont les moteurs du ciel (Sphères) de la Lune, les archanges du ciel de Mercure, les trônes de celui de Vénus, etc. "
L'abbé Trithème, au XVIe siècle, et le P. Riccioli, au XVIIe, pensaient encore que les planètes étaient gouvernées par des anges. Ces idées étaient autant de souvenirs du Talmud. Comme il y a des agents naturels qui conservent l'ordre et l'harmonie du monde, tandis que d'autres semblent y apporter le trouble et la confusion, on attribua les vents, la pluie, les tempêtes aux mauvais anges, aux démons, et de là vint l'usage d'exorciser Satan ou de sonner les cloches pendant les orages pour chasser les malignes influences. Chaque homme a son ange gardien, qu'il reçoit en naissant selon St Jérôme, après le baptême suivant Origène, et cet ange l'excite à choisir le bien et à éviter le mal, le soutient dans les tentations, et offre ses prières à Dieu. Au moment de la mort, les anges portent les âmes des justes au Ciel ou dans le Purgatoire. L'Église catholique rend un culte aux anges, et célèbre leur fête le 2 octobre. (B.).


En bibliothèque - Maldonat, Théologie des Anges.
En librairie - Collectif, Un Ange passe (les anges de la littérature), Gallimard, 2004. - L. Caruthers, Anges et démons dans la littérature anglaise au Moyen âge, Presses de l'université de Paris Sorbonne, 2003. - Pierre Jovanovich, Biographie de l'archange Gabriel, Le Jardin des livres, 2002. - Du même, Enquête sur l'existence des anges gardiens, Le Jardin des livres, 2001.


Les écrivains religieux ont donné quelquefois aux prêtres la qualification d'anges, dans le sens spécial de messagers, parce que les prêtres transmettent aux autres humains les ordres de Dieu.

La marque du papier timbré était autrefois la figure de deux anges. De là l'expression envoyer un ange à quelqu'un, pour dire envoyer une assignation.

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Re: Les mots des religions « l’ange »

Message par Etoile du soir le Jeu 24 Juil - 13:52

Merci Cléo sa m'interesse beaucoup Laughing
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